Ce mail sur la vérité qui libère est long, mais il en vaut la peine.
Qu’est-ce que la vérité ?
On entend souvent dire que chacun détient « sa vérité ».
C’est une phrase qui semble belle.
Tolérante.
Rassurante.
Mais si chacun avait une vérité différente, alors ce ne serait plus une vérité.
Une vérité, pour être une vérité, doit être la même pour tout le monde.
Sinon, ce n’est qu’une opinion.
Ou une croyance.
Ou une vision du monde parmi d’autres.
Et une opinion peut être discutée.
Une croyance peut être changée.
Une vision du monde peut être remplacée.
Mais une vérité, la vraie, ne peut pas être discutée.
Elle ne peut pas varier d’une personne à l’autre.
Elle est incontestable.
Elle est évidente.
Elle est la même pour tous.
Et si une seule personne pouvait la contester… alors ce ne serait plus une vérité.
Souvent pourtant, nous sommes persuadés de certaines choses.
Nous y croyons dur comme fer.
Nous disons : « ça, c’est vrai ».
Et puis…
Quelques secondes, quelques heures, quelques jours plus tard…
Cette « vérité » s’effondre.
Ce que nous pensions hier n’a plus de valeur aujourd’hui.
Et demain, nous serons convaincus d’autre chose.
Cela arrive pour des détails.
Cela arrive aussi pour de grandes choses de la vie.
Des vérités que nous croyions solides deviennent soudain obsolètes.
Elles laissent place à d’autres vérités…
Qui, elles aussi, finiront par s’effacer.
Alors, que faut-il en conclure à propos de la vérité ?
Il y a deux constats simples sur la vérité.
1/ D’abord, si tout peut être contesté, si tout peut être remis en question, alors rien n’est vraiment vrai.
Car ce qui est discutable n’est pas une vérité.
Ce qui est vrai doit être observable dans l’expérience diecte.
Sans débat possible.
Incontestable.
Permanent.
Ce n’est pas une pensée ou quelque chose qui change.
Regarde un exemple très simple.
Tu dis : « Cette feuille est verte ».
Et c’est vrai.
Mais quelques semaines plus tard, tu dis : « Cette feuille est orange ».
Et c’est encore vrai.
Puis elle devient jaune.
Puis marron.
Puis elle tombe.
Puis elle disparaît.
Alors… qu’était la vérité ?
Que la feuille était verte ?
Orange ?
Jaune ?
Marron ?
Chaque phrase a été vraie…
Mais aucune n’a duré.
Ce qui semblait vrai à un instant précis ne l’était plus l’instant d’après.
Et c’est ainsi pour tout.
2/ Il n’y a rien de permanent (il semblerait en tout cas)
Tout change.
Tout bouge.
Tout se transforme.
Rien ne dure.
Alors…
Si rien ne dure…
Si tout est impermanent…
Est-ce que cela veut dire que rien n’est vrai ?
Voilà la vraie question.
Et si tout est impermanent… alors à quoi peut-on s’accrocher ?
Si rien ne dure… alors comment trouver un repère stable ?
Est-ce que cela veut dire que nous vivons dans une illusion totale ?
Est-ce que cela veut dire qu’aucune vérité n’existe ?
Pas si vite.
Parce que c’est là que les choses deviennent vraiment intéressantes.
Qu’est-ce qui est permanent ?
Qu’est-ce qui ne change pas ?
Qu’est-ce qui est incontestable, immuable, toujours présent ?
Certains diraient : la vie.
Et c’est déjà une bonne piste.
Mais regarde attentivement.
La vie que tu observes autour de toi n’est pas stable.
Les formes vivantes naissent et meurent.
Les objets apparaissent et disparaissent.
La nature se transforme à chaque instant.
Ton corps lui-même, que tu croyais être « toi », change d’année en année.
Il grandit, il vieillit, il se fatigue, il disparaîtra.
Tes pensées surgissent, passent, et disparaissent presque aussitôt.
Même tes émotions, parfois si fortes, ne restent pas bien longtemps.
Tout cela fait partie de la vie.
Mais tout cela est impermanent.
Alors qu’est-ce qui est vraiment permanent ?
La question reste entière.
Regarde bien la vérité, elle est si proche de toi…
Tout ce dont nous parlons est impermanent.
Mais ce qui contient cette impermanence, ce qui accueille tous ces changements, ne change pas.
Il y a un contenant.
Un espace.
Un champ invisible dans lequel tout apparaît et disparaît.
Certains appellent cela la conscience.
D’autres l’appellent la paix.
Ou l’amour.
Ou Dieu.
Peu importe le mot.
Ce ne sont que des mots.
Mais ce à quoi ils pointent est bien réel.
Regarde par toi-même.
Qu’est-ce qui reste quand tout ce qui change disparaît ?
Quand les formes meurent, quand les pensées passent, quand les émotions s’éteignent ?
Il reste cet espace.
Cet espace dans lequel tout apparaît.
Ce silence dans lequel naît le bruit.
Cet arrière-plan sans lequel rien ne pourrait être vu, entendu ou ressenti.
Et cet espace, lui, ne disparaît pas.
Même le Big Bang.
On dit que l’univers est né avec le Big Bang.
Qu’avant, il n’y avait rien.
Mais pour que le Big Bang puisse être constaté, il fallait bien un témoin.
Un espace.
Une présence.
Une conscience.
Quelque chose qui était déjà là.
Et qui ne pouvait pas ne pas être là.
Quelque chose qui n’est jamais né.
Quelque chose d’incréé.
Quelque chose qui ne peut pas mourir.
Même si tout l’univers devait disparaître…
Il faudrait bien encore une conscience pour en témoigner.
Un espace pour contenir cette disparition.
Tu n’as pas besoin d’analyser cela avec ton mental.
Tu n’as pas besoin d’y croire.
Tu n’as pas besoin d’accepter ou de rejeter.
Regarde simplement.
Dans ton expérience directe.
Vérifie par toi-même.
Tu verras que tout change.
Mais que ce qui perçoit le changement, lui, ne change jamais.
C’est cela, la vérité.
La seule.
La beauté ultime.
La force la plus simple.
L’évidence la plus pure.
Et quand tu vois cela, tout le reste perd de son importance.
Tu réalises la futilité de ce qui passe.
Et tu découvres l’ancrage dans ce qui ne passera jamais.
Réaliser cela, c’est réaliser ta véritable nature.
C’est regarder le monde autrement.
C’est se libérer de tout ce que tu croyais solide.
Pour enfin s’ancrer dans ce qui l’est vraiment.
Avec le coeur,
Laurent
